L’odonymie en Algérie : dysfonctionnements de la dénomination au niveau officiel et sociétal

Type de projet : Projets d'établissement (PE)
Thématique : Toponymie et anthroponymie

Problématique

Le contexte odonymique, c’est-à-dire la nomination des quartiers et des rues, a connu deux grandes phases en Algérie. La première s’étend de 1830 à 1962, durant la période coloniale française, lorsque les autorités françaises attribuaient des noms aux quartiers et aux rues des villes algériennes, étant elles-mêmes les fondatrices de ces espaces. La seconde phase débute après 1962, avec la récupération de la souveraineté nationale. Le gouvernement algérien a alors édicté des lois ainsi que des décrets ministériels et présidentiels visant à renommer ces espaces, c’est-à-dire à reconstruire le paysage odonymique « colonial », qui reflétait une période coloniale et idéologique.

Cette démarche représente un enjeu stratégique de la politique algérienne, qui a parfois généré des déséquilibres techniques et sociaux. C’est pourquoi cette étude se concentre sur les noms géographiques en milieu urbain dans les villes suivantes : Oran, Tizi Ouzou, Mila, Blida et Adrar, en examinant la formation des noms dans le tissu urbain à travers les questions suivantes :

Quelle est la structure de référence sur laquelle repose la dénomination des entités géographiques dans les zones urbaines algériennes ?Comment l’espace odonymique est-il représenté et comment la nomination urbaine se construit-elle au niveau officiel et sociétal ?La reconstruction de l’espace odonymique a-t-elle contribué à organiser le système ou a-t-elle créé une forme de désordre dans la société ?

L’organisation toponymique urbaine reflète le niveau de sophistication politique et sociale des villes développées. Ainsi, les instances chargées de la nomination et de la renommation doivent respecter toutes les normes techniques lors du processus de dénomination. Ce projet constitue un modèle pour observer la réalité de la dénomination urbaine en Algérie et mettre en évidence les déséquilibres engendrés par la renommation urbaine.

Objectifs du projet :

Identifier tous les déséquilibres résultant de la reconstruction de l’espace odonymique, tant au niveau technique (orthographe des noms, homonymes, allonymes…) qu’au niveau sociétal (noms d’usage courant).Étudier la réalité et les représentations de ces noms aux niveaux politique et sociétal.Contribuer à ouvrir de nouvelles pistes de recherche pour les chercheurs et étudiants intéressés par la thématique de la dénomination.

Objectifs à long terme :

Établir un registre respectant les standards techniques recommandés par le Groupe d’experts des Nations Unies sur les noms géographiques.Créer une base de données informative avec une méthodologie claire, documentant les quartiers et les rues des villes sélectionnées.Mettre en place une licence universitaire en partenariat avec l’Université de Formation Continue d’Oran pour enseigner la science de la toponymie.
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