Manifestation scientifique

Logement et hébergement en Algérie : approches multiples
Logement et hébergement en Algérie : approches multiples
Type
Séminaire National
date
14/12/2023
heure
09:00
lieu
CRASC
Division villes et territoires
Thématique :
Villes et pratiques urbaines
Mots-clés :
Algérie espace ville logement
Argumentaire
Le logement est un phénomène multidimensionnel. C’est « un fait social total » d’une part, une politique publiqueة de l’autre. En tant que fait social, il exprime un besoin humain « naturel » pour habiter, se loger, et s’abriter (selon les termes d’Ibn Khaldoun). Il traduit la rencontre entre différents Habitus (celui de l'habitant/celui du concepteur), une rencontre qui suppose l'existence d'un langage de dialogue entre l'habitant et l'habitation (Sayad, 1980). Il désigne également une marchandise sur un marché, une marchandise produite, commercialisée et échangée sous différentes formes (légales et illégales). En tant que politique publique, c’est l’Etat qui intervient à travers les actions de planification, construction, distribution (logement et relogement). Pour ce volet, il y a une sorte d’unanimité que le marché du logement est en crise, au sens de disparité chronique entre l'offre et la demande ; et par conséquence, le logement devient objet de revendications populaires, un droit de citoyenneté, qui requiert un engagement politique de l’Etat.
Dans cette perspective, nous entendons débattre un problème qui nous met face à de nombreux acteurs sociaux, dont les positions, les discours et les perceptions sont différents, ce qui fait du logement un sujet de controverse et un objet de conflit, un moteur de changement social et un accélérateur de la dynamique urbaine... Loger et reloger une population de plus en plus nombreuse constitue un problème des plus importants que l'Algérie ait connu depuis l'indépendance. Malgré les tentatives des pouvoirs publics pour résoudre et surmonter la crise, « avoir » ou plutôt « acquérir » un logement reste en réalité la plus grande préoccupation du citoyen algérien.
Les études menées sur ce problème sont nombreuses et variées en termes de disciplines et d'approches, et la plupart d'entre elles conviennent que la crise du logement en Algérie est liée (dépend) à la nature de la politique adoptée pour la résoudre (Semmoud, 2002). Le parc immobilier construit dans la période coloniale constitue encore une part importante du parc immobilier total en Algérie, notamment dans les grandes villes, avec un âge moyen de plus de 80 ans. La dégradation et la vétusté de ce dernier s’ajoutent aux problèmes qui persistent depuis la fin des années 1970, malgré les différents plans qui ont été adoptées en la matière.
Il est possible d'aborder ce sujet dans une perspective socio-historique, en s'interrogeant sur la ressemblance (dissemblance) relation entre camps coloniaux de regroupement, villages socialistes et logement collectif (social dans particulier) ? Est-ce une rupture ; est-ce une continuité ? Le logement et le relogement posent en revanche la question du lien social qui pose la question de la modernité et du traditionalisme dans la société algérienne, dans la mesure où la production de logements est soumise à des normes techniques (architecture, urbanisme, gestion urbaine...), alors que son appropriation est soumise à des normes symboliques et culturelles (anthropologie, sciences sociologie, psychologie...). L'obtention d'un logement en Algérie représente aujourd'hui un pari majeur et commun à tous les algériens. Cependant, la formule par laquelle cela se fait, rend compte des relations entre ségrégation sociale et fragmentation spatiale, ou encore de la manière dont les couches sociales sont réparties dans l'espace urbain. ? Qui en a le contrôle de ce processus ? Existe-t-il une politique de mixité sociale visant à réduire (rapprocher) les différences entre les couches sociales ? Comment le brassage des formes et des types d’habitat (collectif/individuel) affecte-t-il le voisinage, les interactions et les formes de sociabilité ?
Cela étant dit, nous essayons de renouveler la discussion (la réflexion), dans cette journée d'étude, sur les questions des relations et des articulations qui existent entre le logement/ relogement en tant que politiques publiques, et le fait du logement en tant que pratique sociale. Nous souhaitons donc aborder cela avec les spécialistes et ceux qui se sont intéressés à ce sujet sous des visions et des approches différentes les unes des autres, mais qui se croisent, se complètent, et se rencontrent dans l'étude des modes de vie, des pratiques d'habitat, et de l’appropriation de l’espace (physique et social) dans la(les) ville(s) algérienne(s).
Participants
Abdelkader KHELIFA
Abdelkader KHELIFA
intervenant
Maha Messaoudene
Maha Messaoudene
intervenant
Ines Kassah Laouar
Ines Kassah Laouar
intervenant
Imad Maanser
Imad Maanser
intervenant
Houssam Berkani
Houssam Berkani
intervenant
Farid MARHOUM
Farid MARHOUM
intervenant
Mohamed Ilyes Serradj
Mohamed Ilyes Serradj
intervenant
Mohammed Nabil OUISSI
Mohammed Nabil OUISSI
intervenant
Ikram KHEMIES
Ikram KHEMIES
intervenant
Imene DJILALI
Imene DJILALI
intervenant
Khaled NAIMI
Khaled NAIMI
intervenant
Imad GHAZEL
Imad GHAZEL
intervenant
Mohamed SRIR
Mohamed SRIR
intervenant
Biographie
Yahia Benyamina est un chercheur permanent au Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle (CRASC) d’Oran, en Algérie. Il est titulaire d’un doctorat en sociologie politique de l’Université d’Oran 2 et occupe le grade de Maître de recherche A. Il est rattaché à la division de recherche Socio-anthropologie de l’histoire et de la mémoire du CRASC.
Photos
Logement et hébergement en Algérie : approches multiples
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