‫Les enjeux de la redénomination des odonymes à Mostaganem

Type de projet : Projets d'établissement (PE)
Thématique : Toponymie et anthroponymie
Résumé

La toponymie urbaine en Algérie a connu deux grandes étapes : la première durant la colonisation française, où les colonisateurs ont attribué des noms aux rues et quartiers reflétant leur implantation et leur contrôle. La seconde a commencé après l’indépendance en 1962, lorsque le gouvernement algérien a lancé un vaste processus de renommage des espaces urbains à travers des lois et décrets, afin d’éliminer le caractère colonial et idéologique des anciens noms. Cette démarche politique a parfois entraîné des déséquilibres techniques et des difficultés d’adoption sociale des nouvelles dénominations.

Le projet a porté sur la ville de Mostaganem, considérée comme le modèle urbain le plus organisé de l’ouest algérien, après une étude similaire menée à Oran. Il comporte deux volets : le premier analyse l’aspect technique de la toponymie et la concordance entre les noms inscrits sur les panneaux et ceux figurant dans le plan officiel de la ville. Le second volet se concentre sur l’analyse culturelle et sociale, montrant comment les administrations française et algérienne ont tenté d’imposer leur autorité symbolique à travers les noms des rues et quartiers. Selon Daniel Milo, les noms de rues peuvent servir à promouvoir une personnalité ou un événement, mais aussi comme outil de revanche ou de sanction.

Le projet insiste également sur la dimension référentielle du choix des noms, soulignant que la toponymie n’est jamais aléatoire, mais reflète les caractéristiques culturelles dominantes de la population locale à une époque donnée, ainsi que la conscience et la charge culturelle des autorités algériennes.

Les sources principales incluent le manuel de normalisation des noms géographiques de l’ONU, ainsi que des travaux de chercheurs algériens comme Ibrahim Atoui et Farid Benramdane sur la toponymie et l’espace en Algérie.

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