Le marché des arts plastiques dans la ville d’Oran

Type de projet : Projets d'établissement (PE)
Thématique : Patrimoine immatériel et formes d’expressions populaires
Mots-clés : Actions culturelles Arts plastiques Entreprenariat culturelle Equipements culturelles Industries culturelles Intermédiaires de l’art Marché Oran Politiques culturelles Produits culturels

Problématique

Ce projet de recherche intitulé : « "le marché" de des arts plastiques dans la ville d’Oran : Etat des lieux »,[1][1] s’inscrit dans la continuité de nos projets de recherche menés au Crasc depuis 2008 sur la problématique des inscriptions (l’épigraphie) funéraires en Algérie. Au départ, il y a eu trois projets de recherche concernant le funéraire : le premier, est un projet établissement (PE) intitulé : "Les inscriptions sur les stèles funéraires dans l'ouest algérien : permanence et évolution".[2][2] Le deuxième, est un Projet National de Recherche (PNR) intitulé : « Les inscriptions funéraires à Ain El Beida à Oran et M’douha { Tizi-ouzou ».[3][3] Finalement, le troisième est un PE intitulé : "Nécrologie et presse écrite en Algérie : composantes et caractéristiques".[4][4] Ces recherches visaient à rendre compte de l’évolution des inscriptions funéraires relevant généralement de "la culture populaire".[5][5] Tout d’abord, la culture se manifeste aussi bien à travers la culture populaire qu’{ travers la culture savante et dont les arts plastiques sont une composante. Toutefois, entre les deux, il y a des passerelles, c’est-à dire une culture intermédiaire (l’entre deux). En évidence, la culture se transforme, change, évolue et mute par "la ruse"[6][6] ou par les stratégies de contournement (the soft changment).[7][7] Au niveau de l’état de l’art, notre projet s’inscrit en quelque sorte dans la continuité des travaux de recherches d’Anissa Bouayad sur l’histoire des arts plastiques en Algérie où il s’agit pour elle d’aborder les questions des arts traditionnels, arts modernes, l’émergence des artistes algériens en situation coloniale, les questions générationnelles (artistes engagés, artistes non engagés…).[8][8] S’ajoute { cela, les recherches de Hadj Miliani sur les

politiques culturelles en Algérie concernant le théâtre, la chanson, l’édition et le cinéma. [9][1] Dans le domaine de l’identification et du recensement des artistes algériens, les travaux de Mansour Abrous[10][2] nous semblent incontournables en raison de nombreux dictionnaires et annuaires produits dans le domaine de l’identification des acteurs. [11][3]Aussi, les recherches de Mediène Benamar sur l’art et les artistes algériens, sont importantes pour notre projet.[12][4] Nous nous référons également aux chercheurs s’intéressant au contexte algérien et Maghrébin, il s’agit en autre de François Pouillon[13][5] et Lucien Golvin,[14][6] spécialiste des arts traditionnels du Maghreb.

Au départ, le projet a été précédé par une pré-enquête d’une année (2017-2018) en vue d’explorer le terrain et dont nous avons pris contact avec les artistes plasticiens tels que : Henni Fatima, artiste et enseignante à l’Université de Mostaganem ; Belhachemi Nourdine, artiste et enseignant à l’école régional des beaux-arts d’Oran ; Taleb Mahmoud, artiste autodidacte ; Tahraoui Faiza, artiste et enseignante au CEM Cherfaoui ; Kour Nourdine, artiste et enseignant au lycée HIRECHE Mohamed ; Selka Abdelouahab, ancien inspecteur et artiste renommé… et avec les acteurs des institutions culturelles : la Direction de la culture et les associations ; Ali Chaouch, président de l’association nommée civilisation de l’œil (CIV-ŒIL). Nous avons aussi assisté aux expositions soit au Musée National Ahmed Zabana ou à la galerie du Musée d’Art Moderne et Contemporain d’Oran (le MAMO),[15][7] inaugurée le 21 mars 2017. Des discussions, des entretiens et des échanges ont été réalisés au cours de cette

période avec les acteurs : artistes plasticiens, visiteurs et fonctionnaires du MAMO et de la Direction de la culture…[16][1]

Au cours de ce projet, nous avons interrogé les arts plastiques par rapport aux politiques culturelles afin de présenter un état des lieux sur "le marché" des arts plastiques à Oran.

Tout d’about, les arts sont une affaire de goût et l’initiation au goût du beau est en premier lieu la mission des institutions culturelles et éducatives. Il s’agit d’un processus en avale (pédagogies, programmes, actions, enseignements…) qui commence dès le jeune âge afin d’inscrire les valeurs esthétiques dans les mémoires, les imaginaires et les pratiques. Préparer les futurs amateurs et admirateurs d’Art nécessite sans doute beaucoup de temps et d’investissement. En amont, la continuité est assurée par les « industries culturelles » qui mettent le (s) produit (s) culturel (s) à la disposition des acteurs du « marché de l’art » par des procédés professionnels de formation, production, diffusion, marketing et vente. Les industries culturels empreintes aux industries « classiques » les mêmes concepts : produit, production, commercialisation, diffusion, profit ou bénéfices, l’offre et la demande, le marché, la création de la richesse, l’entreprenariat… Cela, nous amène à poser la question suivante : est-ce que la culture commence-elle à devenir un produit comme les autres? Effectivement, dans la logique des industries culturelles, on préserve les droits des auteurs (propriétaires) et les droits des intermédiaires (les entrepreneurs de la culture) et on assure pour le consommateur un produit accessible et qui repend à ses besoins et ses attentes.[17][2]

Nous visons dans ce projet à présenter un état des lieux et à dévoiler à travers les discours et les pratiques, les procédés et les modes de fonctionnement et de déploiement du marché des arts plastiques, en montrant comment il est perçu, imaginé et vécu dans la ville d’Oran, principalement depuis les années 2000 jusqu’{ maintenant. Toutefois, il est possible de répondre à cette problématique en se penchant sur les périodes précédentes et même de procéder à des comparaisons avec d’autres régions en Algérie afin de donner sens aux pratiques dans des contextes divers.

[1] Ce PE inscrit au Crasc en mois de juillet 2018.

[1] PE, 2009-2013 (Mohamed HIRRECHE BAGHDAD, chef de projet. Bouchema Elhadi, Lahcen Redouane membres).

[1] PNR, 2011-2013 ((Mohamed HIRRECHE BAGHDAD, chef de projet. Bouchema Elhadi, Lahcen Redouane membres).

[1] PE, 2013-2017 (Mohamed HIRRECHE BAGHDAD, chef de projet. Bouchema Elhadi, Lahcen Redouane, Zeouaoui Benkeroume membres).

[1] Rappelons, qu’au cours de notre formation universitaire, c’est-à-dire le magistère (2000-2003) et le doctorat (2003- 2008) nous nous sommes intéressés à la culture occidentale (la philosophie allemande) et au patrimoine arabomusulman (le conflit des interprétations). Il s’agissait dans un premier temps d’aborder la culture universelle mais après l’intégration du Crasc en 2006, il devenait important de s’intéresser de près à la culture algérienne.

[1] Hegel, La Raison dans l'histoire. Introduction à la philosophie de l'histoire (Die Vernunft in der Geschichte, 1822-1830), trad. UGE, 1965, 311 p.

[1] Theory of change. A thinking and action approach to navigate in the complexity of social change processes, Iñigo Retolaza Eguren, HIVOS, 2011

[1] Anissa Bouayed, « Peinture moderne et patrimoine. Une position subsidiaire : la période charnière des années 65-75.

Anissa Bouayed, « A l’ombre d’Alger: l’intrusion silencieuse des artistes algériens dans les lieux culturels de la cité oranaise », Insaniyat / إنسانيات] Online], 32-33 | 2006, Online since 06 August 2012, connection on 17 June 2018. URL : http://journals.openedition.org/insaniyat/3472 ; DOI : 10.4000/insaniyat.3472 Anissa Bouayed, l’art et l’Algérie insurgée (les traces de l’Epreuve 1954-1962), ENAG, Alger 2005.

[1] Hadj Miliani, Histoire et institutions du champ culturel en Algérie. PNR 31 Edition DGRSTD et CRASC, 2014. Hadj Miliani, Productions et réception culturelles : Littérature, musique et cinéma". Edition Crasc, 2016, 199p. ISBN : 978 9931598 08 4/Dépôt légal : 5417 2016

[1] M. Abrous est décédé en 2019

[1] 11 Annuaires : 1999, 2002, 2010, 2011, 2012. (Accessibles sur Internet en version PDF) : - Annuaire artistique de l’Algérie (arts plastiques, arts musulmans, design), 1999 (Vol. 2). - Annuaire artistique de l’Algérie (arts plastiques, arts musulmans, design), 2002 (Vol. 5). - Annuaire artistique de l’Algérie (arts plastiques, arts musulmans, design), 2010. - Annuaire artistique de l’Algérie (arts plastiques, arts musulmans, design), 2011. - Annuaire artistique de l’Algérie (arts visuels), 2012. - Dictionnaire des artistes algériens 1917-2006. L’Harmattan, décembre 2006. - Dictionnaire biographique des artistes algériens 1896 – 2014. L’Harmattan, - Algérie : Arts Plastiques, Dictionnaire biographique (1900-2010), L’Harmattan, Paris. 2011. - Les artistes algériens. Dictionnaire biographique 1917-1999 (Casbah Editions, Alger 2002). - L'art en Algérie Répertoire bibliographique (1844-2008) (Casbah Editions, Alger 2009).

[1] Kateb Yacine, M'Hamed Issiakhem, récits orphelins, in ALGERIE LITTERATURE / ACTION Paris, Publisud, 1998, 189p. (pp.85-86)

[1] François Pouillon est anthropologue, spécialiste du monde arabe, directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS).

Voir : François Pouillon 1997, Les deux vies d’Étienne Dinet, peintre en Islam : l’Algérie et l’héritage colonial, Paris, Balland. 2008, (Dir.), Dictionnaire des orientalistes de langue française, Paris, IISMM-Karthala : 3e éd. 2012, XXX - 1073p. 2011, (Dir., avec Jean-Claude Vatin), Après l’orientalisme : l’Orient construit par l’Orient, Paris, IISMM/Karthala, 571p. ; éd. Maghrébine : Casablanca, Fondation Abdul-Aziz, 2012. 2014, (Dir., avec Jean-Claude Vatin), After Orientalism. Critical Perspectives on Western Agency and Eastern Reappropriations, Leiden, Brill, XIII- 289 p. (Leiden Studies in Islam and Society)

[1] Lucien Golvin : Né en 1908 et mort en 2002, est un universitaire français spécialiste de l'étude de l'artisanat des pays du Maghreb. Voir : Les arts populaires en Algérie. Série d'études techniques et sociales, pub. Gouvernement général de l'Algérie, Alger, 6 tomes, 1949-1956. Aspects de l'artisanat en Afrique du Nord, éd. Presses universitaires de France, Paris, 1957

[1] http://www.oran-dz.com/culture/musees/musee-d-art-moderne

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